Aujourd’hui, la cyberattaque réussie que l’EI a perpétré contre TV5Monde a causé des dégâts bien plus importants qu’une simple défiguration de site. Le Parti Pirate regrette la destruction et la compromission de l’outil de travail de journalistes et constate une militarisation inacceptable du cyberespace.
Promouvoir la surveillance généralisée de la population française comme principale réaction face à une évolution des menaces, et des pratiques dans la conduite d’une cyberguérilla n’est pas une réponse acceptable face à cette montée en puissance. Passé de la propagande au défacement de site, du défacement de site à la capture de profils sur les réseaux sociaux, et maintenant à la neutralisation complète d’un opérateur média, tel une télévision globale ; on assiste sans aucun doute à une escalade qui mérite une revue très claire de nos pratiques sécuritaires, et une reconsidération du poids donné à la cybersécurité dans notre pays.
La semaine dernière, la Confédération ne voulait pas faire face à ses engagements en matière de protection des infrastructures informatiques sensibles. Aujourd’hui, le triste sort de TV5Monde doit servir de sobre rappel que la cybersécurité n’est pas une affaire de confort ou de surveillance généralisée de la population par des méthodes des plus intrusives!
Le Parti Pirate Suisse exige de réelles mesures, et ne se satisfera pas d’un discours d’un Conseil Fédéral prétendant que « tout est sous contrôle », lorsque deux heures plus tard, l’intégrité numérique de l’ensemble des administrations de notre pays fut remise en cause parce que les certificats de sécurité ne pouvaient être renouvelés avant leur échéance, un samedi à 13:24!
La Confédération n’a aucun sens de l’urgence de la situation: elle annonce fièrement qu’elle a pris deux ans pour constituer un groupe de travail public-privé pour enfin discuter des mesures à envisager. Pendant ce temps plus de 20’000 vulnérabilités informatiques ont été recensées. Et pendant ce temps, la population et les entreprises suisses sont exposées à une déferlante de tentatives d’attaques, soit un nombre de plus de 5 milliards par jour.
Pour le Co-Président du Parti Pirate Suisse, Guillaume Saouli, « La mise en place d’un secrétariat d’état à la protection numérique est urgente et nécessaire afin de coordonner et développer des outils sécuritaires nécessaires à protéger et non à surveiller la population, l’économie et les insitutions de notre pays face au péril que représente la militarisation de l’Internet. La Suisse a su consacrer des milliards pour construire un réduit national, et bâtir des abris PC dans chaque maison, aujourd’hui il faut faire face aux menaces numériques actuelles avec la même fortitude et le même courage! »
En quoi, une loi sur le renseignement peut-elle prémunir la Suisse de cyberattaques tel que celles dont TV5Monde a été la victime? Rien! En quoi une loi sur la surveillance des postes et télécommunications peut protéger la population? Rien! Pourquoi le budget que la Confédération consacre à la sécurité informatique est inférieur à celui des munitions consommées pour l’exercice des troupes de l’armée alors qu’il ne faut pas répondre à une menace, mais à une situation réelle et concrète ?
L’économie suisse est à la merci des attaques à cause de la faiblesse de ses systèmes d’informations, que ce soit pour la production de montres, la gestion de la production de médicaments ou son secteur financier et de négoce. Que faut-il pour prendre enfin conscience de la nécessité de protéger effectivement l’ensemble de notre pays, d’accepter que l’individu et la société ont un pendant numérique? Que ce dernier n’est pas un sous-ensemble négligeable, mais qu’il fait partie d’un tout indivisible, dont il faut protéger l’intégrité!